Carte archéologique

Inventaire du patrimoine archéologique du canton de Neuchâtel

Objectifs et définitions
L’une des principales tâches de l’Office et musée d’archéologie de Neuchâtel est la sauvegarde du patrimoine archéologique du canton et la diffusion, auprès du public et des chercheurs, des résultats obtenus à l’issue des travaux de terrain (sondages, fouilles, prospection, etc.).
En marge des autres investigations effectuées sur le territoire neuchâtelois, la construction de l’autoroute A5, entreprise il y a une trentaine d’années, a généré une abondante documentation, qu’il convient de transformer et de transmettre à la population. Cette mise à jour se révèle d’autant plus primordiale que la dernière véritable carte archéologique exhaustive du canton de Neuchâtel, due à Daniel Vouga,  remonte à 1943 !
Aujourd’hui, la généralisation des outils informatiques permet à l’Etat de Neuchâtel de proposer au public un outil de recherche géographique puissant. Dans ce cadre, il est prévu que l’Office d’archéologie enrichisse les données existantes d’un volet spécifique à l’archéologie. La carte archéologique permettra ainsi d’offrir un accès géographique et thématique sur les données dont l’Office dispose.
L’enjeu consiste à réunir l’ensemble des informations puis à les présenter au grand public de manière cartographique, mais aussi à fournir un outil interne destiné aux chercheurs.
Pour ce faire, les informations sous leurs formes les plus diverses (archives, photographies aériennes, monographies, documentation de terrain, etc.) doivent tout d’abord être traitées par l’intermédiaire d’une base de données, qui organise et distribue les éléments récoltés.
Cette base de données s’articule autour de trois niveaux hiérarchiques, ou trois modules distincts.

Interventions et zones observées
Ce module constitue la banque de données centrale – et l’élément de base sur lequel se développera la réflexion qui aboutira à la carte archéologique. Il est constamment alimenté par les informations recueillies au gré des découvertes. Ce module est destiné spécifiquement aux collaborateurs de l’Office d’archéologie, voire aux chercheurs venus de l’extérieur pour travailler sur des problématiques spécifiques.

Zones archéologiques
Ce module constitue le volet analytique et critique des informations stockées dans le niveau de base. Ici, il s’agit de mettre en relation les différentes interventions, définir ce qui les rapproche quant à leur contenu et leur datation, et proposer des ensembles archéologiques scientifiquement cohérents, qu’ils soient déjà fouillés ou encore intacts.
La définition des zones archéologiques, ainsi que leur répartition dans l’espace et le temps, sont les outils nécessaires pour orienter les axes de recherches et alimenter la réflexion globale sur l’occupation humaine du territoire neuchâtelois au fil du temps. Pour cela, la représentation par la seule base de données est insuffisante ; une représentation cartographique des zones archéologiques ainsi définies est primordiale.
Une synthèse des informations issues de ce niveau de réflexion devrait à terme être accessible au public via le portail géomatique de l’Etat.

Périmètres de protection archéologiques
Ce volet est plutôt d’ordre administratif. Pour les zones archéologiques pourvues de contenu intact ou en partie conservé, la question d’une mise sous protection se pose, en fonction de leur importance patrimoniale ou, encore, de leur degré d’érosion et d’atteinte dans leur conservation. Certaines zones sont recensées par commune et inscrites dans des périmètres dits « de protection ». Si leur inscription a aujourd’hui une valeur indicative, certaines seront à terme véritablement protégées, en application de la Loi sur la protection des biens culturels du 27 mars 1995 (article 10). Les informations issues de ce niveau de réflexion devraient également être accessibles au public via le même portail géomatique.

Sonia Wüthrich
Philippe Zuppinger