Archéologie
neuchâteloise

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Archéologie neuchâteloise 32

Le tome 32 de la collection Archéologie neuchâteloise retrace près de 23 siècles du village du Landeron, dans le canton de Neuchâtel, où quelque 240 m2 explorés au lieu-dit Les Carougets ont livré des vestiges datés de l’âge du Bronze final au Moyen Âge. Premier élément mis au jour : l’une des rares sépultures à inhumation du Hallstatt B1/B2 ancien connues dans la région, replacée dans le temps grâce au petit vase à col qui accompagnait le défunt. Le premier âge du Fer est attesté par quelques fosses-silos, de la céramique et des fibules. Le second âge du Fer est représenté par une sépulture et quelques éléments de parure.

Une villa gallo-romaine fut ensuite implantée à cet endroit ; compte tenu de l’importance et de la complexité des structures, il s’agissait d’une riche et vaste demeure. Les interventions récentes du service d’archéologie ont permis d’identifier plusieurs étapes de construction d’une annexe, en contrebas de la maison de maître. L’analyse de la céramique permet de situer l’occupation gallo-romaine initiale au cours des premières décennies de notre ère (période Auguste-Tibère), plaçant ainsi le site parmi les plus anciens établissements agricoles de l’Helvétie romaine. Le corpus céramique comprend un fort pourcentage de productions indigènes, les terres sigillées formant la plus grande part des importations. Parmi les objets non céramiques, un remarquable stylet en bronze, gravé, porte une dédicace amoureuse : di te servent amor amorum.

Désertés pour quelques siècles, les lieux sont réoccupés dès le 8e siècle. En témoignent un groupe de tombes alignées près du mur nord d’un bâtiment de petites dimensions, dont ne subsistent que les fondations ; d’autres inhumations étaient dispersées dans la partie basse du site, la tête à l’ouest pour certaines, au nord pour d’autres. Quatre cabanes semi-enterrées, de nombreuses fosses et une petite forge sont les uniques vestiges de ce que fut ce site d’habitat entre le début du 8e et le début du 14e siècle.

Les Carougets semblent avoir été abandonnés au cours du premier quart du 14e siècle, à une période qui a vu les luttes d’influence entre les comtes de Neuchâtel et l’évêque de Bâle se concrétiser sur la rive nord du lac de Bienne par la fondation de La Neuveville vers 1310 et celle du Landeron vers 1328.

Pascale Hofmann Rognon

Le Landeron-Les Carougets. Vestiges protohistoriques, villa romaine, tombes et habitat médiévaux

avec les contributions de Cornel Doswald, Antoine Glaenzer, Ian Hedley, Hervé Miéville, Vincent Serneels et Christian Simon

Paru en 2005

288 pages dont 4 en quadrichromie, 200 figures
ISBN 2-940347-28-X

Livre – CHF 50.00